Inaugurée ce jour par Nora Berra, Secrétaire d’Etat chargée de la Santé, l’unité d’addictologie de l’hôpital René-Muret (AP-HP) offre une prise en charge globale des différentes addictions.
Avec 1, 503 millions d’habitants (6ème département le plus peuplé de France), la Seine-Saint-Denis présente des taux de chômage, de précarité (nombre de bénéficiaires d’aides sociales), de déscolarisations supérieurs à la moyenne nationale. Ces prévalences élevées constituent un terrain favorable au développement de comportements addictifs, que ce soit à l’alcool, au cannabis, à l’héroïne mais aussi au jeu pathologique.
Historiquement, les trois hôpitaux qui composent aujourd’hui le groupe hospitalier Paris Seine-Saint-Denis disposaient d’équipes impliquées dans la prise en charge des addictions.
En 2000, une unité de coordination de tabacologie, gérée par le même praticien hospitalier (Dr. A. Borgne), est mise en place et intervient dans les trois établissements.
En 2006, anticipant le plan gouvernemental 2007-2011 de prévention et de prise en charge des addictions, l’hôpital Jean Verdier (AP-HP) entreprend le regroupement en une seule unité fonctionnelle d’addictologie des trois secteurs d’activité (tabacologie, alcoologie, et ECIMUD). L’agrément de niveau 2 (*) du plan gouvernemental, qui signifie que l’unité regroupe les consultations et des lits d’hospitalisation dédiés au sevrage, avec une équipe multidisciplinaire de prise en charge qui comprend psychologues, éducateurs, assistantes sociales et propose des ateliers thérapeutiques, est accordé à cette activité.
Par la suite, pour répondre à la nécessité d’augmenter la capacité d’accueil de l’unité de sevrage et de créer un secteur de soins de suite et de réadaptation dans le département, l’idée de regrouper l’ensemble de la filière de soins addictologique sur le site René-Muret est proposée aux différentes instances et approuvée par l’ARS lors de la réunion du Comité Régional d’Organisation Sanitaire (CROS) en juin 2010.
L’unité d’addictologie de l’hôpital René-Muret (AP-HP) a accueilli ses premiers patients en janvier 2011. Dirigée par le Dr Anne Borgne, elle propose sur un même site, une filière de prise en charge complète en addictologie et accueille des patients dépendants aux produits psycho-actifs (tabac, alcool, drogues illicites, médicaments), mais aussi au jeu, au sexe, ou aux écrans sous toutes leurs formes. L’hôpital René-Muret (AP-HP) dispose d’un plateau technique de rééducation performant. Etant un peu décentré et possédant un grand parc, le site est tout à fait propice à la sérénité.
Par ailleurs, une équipe de consultation et de liaison demeure à l’hôpital Jean-Verdier (AP-HP) afin de poursuivre la prise en charge ambulatoire et celle des patients hospitalisés initiée depuis plusieurs années.
Une unité tournée vers l’enseignement et la recherche
L’unité d’addictologie de l’hôpital René-Muret entend également s’appuyer sur des activités de recherche et d’enseignement. Agréé niveau 2(*) du plan gouvernemental addictologie, elle élabore actuellement un dossier de demande d’agrément niveau 3(*).
En effet, les praticiens hospitaliers de l’unité d’addictologie de René-Muret sont particulièrement impliqués dans l’enseignement en addictologie tant universitaire (Capacité universitaire d’addictologie, Diplôme interuniversitaire d’addictologie (Paris VII, XI), Diplôme interuniversitaire de tabacologie (Paris V, XI), DESC d’addictologie, PCEM2, DCEM3, département de médecine générale (Paris XIII),) qu’en soins infirmiers.
En termes de recherche, l’unité d’addictologie de René-Muret a été sélectionnée comme unique établissement sanitaire pour évaluer l’influence de l’implantation d’un FibroScan® dans un centre d’addictologie sur le dépistage. Le but de cette étude est d’évaluer l’acceptabilité de cet examen, son intérêt pour le dépistage de la cirrhose auprès des usagers de drogues, actifs ou non, suivis ou non, et de créer des dynamiques entre les structures médico-sociales et l’unité d’addictologie. Le FibroScan® ouvre une nouvelle ère dans la prise en charge des malades atteints d’hépatopathie chronique et peut-être d’hépatite aiguë. L’unité sera dotée d’un appareil au cours de l’été et pourra dès septembre proposer dans le cadre d’une hospitalisation de jour un bilan somatique incluant sérologies virales, Fibroscan®, spirométrie et doppler vasculaire aux patients qui seront repérés par les structures médico-sociales.
Cette filière hospitalière et universitaire addictologique, organisée autour d’un service d’hospitalisation, complétera l’offre de soins en Seine Saint Denis.
Une filière de soins complète
- 10 lits de sevrage complexe accueillant des patients dépendants pour une durée de deux à trois semaines.
- 16 lits de Soins de Suite et Réadaptation, à orientation somatique, pour suivre et « protéger » des patients pendant environ 4 à 6 semaines. Les patients sortent d’une phase aigüe ou difficile, et le projet social et personnel est déjà prévu pour leur sortie. Une amélioration générale de leur état de santé physique et psychique est attendue du séjour, en vue d’une réinsertion facilitée. Les patients doivent être stabilisés, hors phase aiguë tant sur le plan somatique que sur le plan psychiatrique. Ce type de prise en charge consiste en une prise en charge médico-psychologique et sociale et un travail de réadaptation à la reprise d’une vie sociale et professionnelle.
- 4 places en hôpital de jour : Les patients sont accueillis entre 9h et 17h. Ils bénéficient de soins et participent à un programme thérapeutique, soit pour initier un sevrage, soit une consolidation d’abstinence, obtenue en hospitalisation, ou, en soins ambulatoires.
Des activités thérapeutiques
- Implication de toute l’équipe dans l’organisation et l’animation des ateliers,
- Orientations: sensorielle, physique, psychologique, comportementale :
- Equithérapie, activités sportives (salle, piscine),
- Atelier Thérapie Comportementale et Cognitive,
- Arthérapie,
- Sophrologie,
- Groupe de parole (parole par l’image, trait d’union, c’est-à-dire),
- Ateliers sensoriels (retrouver le goût, socio-esthétique),
- Groupe accueil des familles,
- Intervention des associations d’anciens consommateurs, alcooliques anonymes, narcotiques anonymes).
De fait, les établissements privés et les médecins libéraux sont intégrés dans le parcours de soins. L’hôpital René-Muret a signé des conventions et/ou travaille en direct avec les médecins concernés par les addictions, pour leur permettre de faciliter l’hospitalisation. Un dossier d’admission est disponible sur simple demande.
(*) Le plan gouvernemental de prise en charge et de prévention des addictions (2007-2011) définit trois niveaux d’offre de soins : un niveau 1 de proximité, assurant les sevrages simples ; un niveau 2 de recours, permettant des soins aigus, des hospitalisations complètes pour sevrage ou des soins complexes ; un niveau 3 de référence, qui aux missions du niveau 2 ajoute la coordination de l’enseignement, la formation et la recherche.


Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP)